
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 prévoit d'introduire une base légale permettant de rendre obligatoire la vaccination contre la grippe pour les résidents d'Ehpad, ainsi que pour les professionnels de santé exerçant en établissement, en libéral ou dans le médico-social.
Un changement législatif à venir
Le gouvernement souhaite modifier le Code de la santé publique afin de pouvoir instaurer cette obligation vaccinale, sauf contre-indication médicale. Avant toute mise en œuvre, la Haute Autorité de Santé (HAS) devra toutefois émettre un avis favorable, évaluant l'efficacité et la pertinence d'une telle mesure dans le contexte sanitaire actuel.
Un précédent encore sensible
La vaccination antigrippale obligatoire pour les soignants n'est pas une idée nouvelle : elle avait déjà existé avant d'être suspendue en 2006.
Mais les blessures de la crise du Covid-19 demeurent vives. L'obligation vaccinale imposée durant la pandémie a laissé des traces profondes : collègues suspendus, divisions au sein des équipes, sentiment d'injustice et départs massifs des métiers du soin.
Une mesure au mauvais moment ?
Alors que l'hôpital public traverse une crise sans précédent — pénurie de personnel, fermetures de lits, services saturés et perte d'attractivité —, l'annonce d'une nouvelle contrainte pourrait accentuer le malaise.
Imposer sans concertation une obligation vaccinale supplémentaire risque de fragiliser encore davantage un système déjà à bout de souffle.
Enfin, le coût financier de cette obligation serait supporté par la collectivité. Dans un contexte où les hôpitaux peinent à obtenir les moyens nécessaires à leur fonctionnement, beaucoup s'interrogent : est-ce vraiment la priorité du moment ?
pour Force Ouvrière:
On ne soigne pas sous la contrainte, on soigne par conviction et par humanité.
Imposer une nouvelle obligation vaccinale, c'est nier l'engagement de celles et ceux qui, chaque jour, tiennent l'hôpital debout malgré le manque de moyens, la fatigue et la perte de reconnaissance.
Pour Force Ouvrière, le message est clair : le respect ne se décrète pas, il se prouve.
Avant de parler d'obligations, il faut redonner dignité, confiance et moyens aux professionnels du soin.
Ce n'est pas d'une nouvelle contrainte que les soignants ont besoin, mais de conditions de travail à la hauteur de leur mission.
Le vrai enjeu, aujourd'hui, c'est celui-là : le respect et les moyens. Pas les injonctions.
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Yolaine MARJOLLET

