
Le tribunal administratif de Lyon vient de rappeler une évidence trop souvent oubliée : le management n'est pas un instrument de domination. Humilier, contrôler ou isoler des agents ne relève pas de la fermeté, mais bien du harcèlement moral.
L'autorité ne justifie pas la maltraitance
Dans la fonction publique, l'exigence et la rigueur sont nécessaires au bon fonctionnement des services. Mais lorsque l'autorité se mue en intimidation, pression ou humiliation, elle franchit la ligne rouge.
C'est ce qu'a constaté le tribunal administratif de Lyon en confirmant la suspension conservatoire d'une directrice générale des services accusée de tels agissements.
Des pratiques assimilées à du harcèlement
Les témoignages recueillis décrivent un climat professionnel délétère : reproches constants, cris, dénigrements, humiliations publiques.
Certains agents évoquent un contrôle excessif de la communication, voire des interdictions d'échanger entre collègues ou avec les élus.
La justice a également relevé l'usage d'éléments de la vie privée contre des agents — une atteinte grave à la dignité au travail.
Des répercussions humaines et collectives
Ces comportements ont eu des conséquences concrètes : dégradation de la santé de plusieurs agents, perte de sens, tensions internes et dysfonctionnements du service public.
Face à la gravité et à la vraisemblance des faits, le tribunal a jugé la mise à l'écart immédiate de la responsable pleinement justifiée.
La fermeté ne légitime pas la violence
La directrice invoquait un management « ferme ». Mais comme l'a souligné la juridiction, la fermeté n'autorise ni la brutalité, ni l'humiliation, ni la mise à l'écart.
Le message est sans ambiguïté : le management par la peur n'a aucune place dans la fonction publique, quelle que soit la hauteur des responsabilités exercées.
Une position claire du syndicat FO Santé BLD/FV
On ne fait pas avancer un service public en maltraitant ceux qui le font vivre.
La dignité, le respect et l'écoute sont les vrais fondements de la qualité du travail.
La peur détruit les compétences, le respect les fait grandir.
Actualité précédente :
Temps partiel et santé : ce qu’il faut savoir avant d’en faire la demande
Actualité suivante :
Vaccination antigrippale obligatoire : une mesure qui divise

