
On parle de bien-être des patients, mais on oublie ceux qui les soignent. Sous-effectif, pression, fatigue : les agents tiennent le système à bout de bras. Trop de promesses, pas assez de respect. Trop, c'est trop.
On joue à l'autruche et on nous prend pour des lapins : on nous tend la carotte, mais au final on nous laisse manger l'herbe et les racines.
Les discours, on les connaît par cœur. Les promesses aussi. Mais dans les faits, rien ne suit. On nous parle de choix d'horaires, d'échanges possibles, d'ébauches d'organisation, de respect des maquettes. Sur le papier, tout est parfait. Sur le terrain, c'est du vent.
On nous demande sans cesse de justifier, d'argumenter, de nous adapter. Jusque-là, soit. Mais tout est fait pour ne jamais accepter les arguments des agents. Pourquoi ? Ces situations ne sont pas quotidiennes, elles ne sont pas abusives ect.... Et pourtant, le refus est quasi systématique.
La vérité, c'est que le système tient uniquement parce que les agents compensent le manque d'effectif. Les missions sont assurées coûte que coûte, malgré la fatigue, la pression et la tension permanente. Et comment y parvient-on ?
En jouant sur la culpabilité.
En brandissant les patients comme un bouclier moral.
En faisant porter aux agents la responsabilité d'un dysfonctionnement qui ne vient pas d'eux.
On ose parler du bien-être des patients, mais on oublie volontairement celui des agents. Or le bien-être des patients ne peut pas exister sur l'épuisement des personnels. L'un ne va pas sans l'autre.
Oui, des cycles sont nécessaires. Mais pas à n'importe quel prix. Pas au prix de la santé des agents. Pas au prix de leur engagement, de leur disponibilité permanente, de leur conscience professionnelle exploitée jusqu'à l'usure. Dans certains services sous tension extrême, la limite est déjà dépassée.
Alors non, ce n'est pas un caprice.
Non, ce n'est pas un manque de bonne volonté.
C'est une réaction légitime face à un système qui exige toujours plus, tout en refusant d'entendre ceux qui le font tenir.

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