
Après une longue attente des professionnels, la réforme de la formation infirmière atteint une étape majeure. Le décret et l'arrêté régissant le nouveau diplôme d'État d'infirmier ont été publiés au Journal officiel le 25 février. Ces textes révisent les référentiels d'activités, de compétences et d'évaluation, tout en renforçant l'ancrage universitaire du cursus et en mettant l'accent sur l'évolution des compétences et la personnalisation des parcours.
Une réforme structurante dès la rentrée 2026
La publication de ces deux textes marque l'aboutissement réglementaire de la réforme de la formation infirmière. Le décret et l'arrêté définissant les modalités de délivrance du diplôme d'État d'infirmier entreront en vigueur à partir de la rentrée de septembre 2026, conformément au calendrier initial. Ils instaurent un nouveau cadre national de formation, aligné sur la loi infirmière adoptée à l'été 2025.
Un rattachement universitaire renforcé
Parmi les changements majeurs, le diplôme d'État d'infirmier est désormais sous la responsabilité des universités accréditées et n'est plus délivré par les préfets de région. La durée de la formation reste de trois ans et le diplôme conserve son grade de licence.
L'arrêté précise également les conditions d'accès à la formation et les aspects organisationnels, notamment :
la composition des commissions chargées de valider les études, les expériences professionnelles et les acquis personnels ;
le contenu et l'organisation pédagogique de la formation ;
les règles relatives aux dispenses d'enseignement ;
les modalités d'évaluation et de validation des enseignements théoriques, pratiques et cliniques ;
les conditions d'agrément des lieux de stage ;
les règles d'indemnisation des stages et de prise en charge des frais de déplacement ;
la composition et le fonctionnement des jurys ;
les modalités de délivrance du diplôme d'État.
Un volume de formation repensé
La formation infirmière s'organise désormais sur six semestres, pour un total de 180 crédits européens (ECTS). Le volume global de formation atteint 4 620 heures, réparties comme suit :
2 310 heures d'enseignements cliniques ;
1 890 heures d'enseignements théoriques et d'encadrement pédagogique ;
420 heures de travail personnel autonome, consacrées à l'appropriation des connaissances.
L'arrêté précise que la charge totale de travail de l'étudiant peut varier entre 4 620 et 5 400 heures, avec un complément de travail personnel pouvant atteindre 780 heures.
Une approche par compétences affirmée
Les référentiels d'activités, de compétences et d'évaluation, annexés à l'arrêté, renforcent l'approche par compétences. Les enseignements théoriques et pratiques sont organisés autour de cinq grands domaines :
Sciences infirmières et raisonnement clinique
Pratiques cliniques, qualité et gestion des risques
Prévention et promotion de la santé
Communication, travail en équipe et leadership
Démarche scientifique, méthodologie et initiation à la recherche
De plus, sept principes transversaux structurent l'ensemble du parcours :
Implication active des étudiants
Analyse réflexive des pratiques
Multidisciplinarité
Interprofessionnalité
Personnalisation des parcours
Accompagnement vers la réussite
Prise en compte du bien-être étudiant
Des stages au cœur de la personnalisation des parcours
Les stages restent au centre de la formation, avec 66 semaines en milieu hospitalier ou extrahospitalier : cabinets libéraux, maisons de santé, établissements médico-sociaux, services de secours, milieux pénitentiaires ou santé scolaire. Les étudiants y effectuent en moyenne 35 heures par semaine, dont 5 heures dédiées à la réflexion et à l'appropriation des connaissances. Les simulations peuvent représenter jusqu'à 10 % des enseignements cliniques.
À partir du semestre 4, le parcours devient personnalisable, permettant d'explorer des terrains d'exercice spécifiques en lien avec le projet professionnel de l'étudiant.
Contenus et compétences actualisés
La réforme intègre de nouvelles thématiques : santé numérique, psychiatrie avec réhabilitation psychosociale, gestion des situations sanitaires exceptionnelles. La détention d'une attestation de formation aux gestes et soins d'urgence niveau 2 reste indispensable pour l'obtention du diplôme.
Mesures transitoires et applicabilité
La réforme s'applique aux entrants septembre 2026, tandis que les étudiants déjà en cursus suivent l'arrêté de 2009. Les situations particulières (redoublement, césure, reprise) seront examinées par une instance dédiée jusqu'au 1er septembre 2028. Pour les territoires d'outre-mer, la réforme s'applique à partir du 1er janvier 2027 pour la Nouvelle-Calédonie.
Cliquez ICIhttps://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT0000535688[...]
Cliquez ICI Arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier
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