
La Fédération FO des Personnels des Services Publics et de Santé (FO-SPSS) s'est exprimée sur le projet de décret et d'arrêté concernant la profession d'ambulancier, examiné lors du Haut Conseil des Professions Paramédicales (HCPP) du 14 avril, censé répondre aux difficultés de recrutement.
Présentées sous l'angle de « l'attractivité », ces mesures se limitent en réalité à assouplir les conditions d'accès à la profession : entrée en formation dès 17 ans, conduite avec un permis probatoire, élargissement du vivier de candidats. Pour FO, ces dispositions apparaissent superficielles, déconnectées des réalités du terrain et susceptibles de poser des problèmes de sécurité.
À cette occasion, FO a rappelé avec fermeté les causes profondes de la crise : des rémunérations insuffisantes et des conditions de travail dégradées. Cette analyse a été largement partagée lors des échanges au HCPP, conduisant une majorité d'organisations syndicales à s'y rallier.
Une crise connue mais non traitée
Pour FO, les difficultés rencontrées par les ambulanciers ne sont pas nouvelles. Elles résultent de choix politiques et d'un manque persistant de reconnaissance de la profession.
Si FO a obtenu, lors du Ségur de la Santé, une réingénierie du métier et son intégration dans la filière soignante, ces avancées restent incomplètes faute de revalorisation salariale et statutaire.
Aujourd'hui, les conséquences sont visibles : pénurie de professionnels, désaffection pour les formations et fort turn-over. Cette situation est d'autant plus incompréhensible que les politiques de réduction des durées de séjour et le développement de la médecine ambulatoire augmentent fortement les besoins en transport sanitaire.
Des mesures inadaptées aux enjeux
L'autorisation de conduite avec un permis probatoire, même encadrée, soulève d'importantes préoccupations en matière de sécurité : maturité des conducteurs, capital de points limité, gestion de situations évolutives pour les patients. Ces inquiétudes ont été largement exprimées au HCPP, où une majorité d'organisations syndicales s'est opposée aux textes (14 voix contre, 8 pour, 6 abstentions).
La priorité : reconnaître et revaloriser le métier
Pour FO, l'attractivité de la profession passe par des mesures concrètes :
une revalorisation des salaires ;
une véritable reconnaissance statutaire ;
une amélioration des conditions de travail.
S'agissant des ambulanciers de la Fonction Publique Hospitalière, FO revendique notamment le reclassement en catégorie B, l'accès aux primes de sujétion (au même titre que les AS, AP et AES) ainsi que l'intégration en catégorie active à la CNRACL.
Un appel aux pouvoirs publics et aux employeurs
Lors de ce HCPP, FO a de nouveau interpellé le gouvernement afin qu'il respecte ses engagements issus du Ségur de la Santé et qu'il apporte enfin des réponses concrètes à la question salariale. L'organisation appelle également les employeurs privés à engager de véritables négociations.
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