
Alors que la Cour des comptes préconise une nouvelle vague de restructurations hospitalières pouvant aller jusqu'à la fusion d'établissements, les inquiétudes grandissent pour l'avenir de l'hôpital public de proximité. Derrière les discours sur la « rationalisation » et « l'efficience », FO alerte sur les conséquences concrètes pour les personnels, les usagers et l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire.
Dans son rapport public annuel 2026, la Cour des comptes propose une profonde réorganisation du système hospitalier français. Parmi les pistes avancées : la fusion d'établissements au sein des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT), une mutualisation renforcée des services et une concentration des activités de soins. Lien: le quotidien du médecin
Pour la Cour, le maillage hospitalier actuel serait devenu « non soutenable » face aux difficultés de recrutement, aux tensions budgétaires et au vieillissement de la population. Elle estime que la France dispose encore d'un réseau hospitalier très dense, avec près de 2 400 sites, et appelle à une « gradation » plus forte des soins selon les territoires. Lien: Wath's up doc
Derrière les termes technocratiques de « réorganisation » ou « d'intégration territoriale », ce sont pourtant de nouvelles restructurations qui se profilent : regroupements d'activités, directions uniques, mutualisations de services supports et risque d'éloignement des soins de proximité pour les usagers. Lien : hospimedia
La Fédération des hôpitaux de proximité a d'ailleurs rapidement alerté sur les dangers d'un modèle d'« établissement territorial unique », rappelant que la proximité des soins reste indispensable pour garantir l'égalité d'accès à la santé.
FO Santé et Action Sociale dénonce depuis plusieurs années les politiques d'austérité imposées à l'hôpital public : fermetures de lits, suppressions de postes, restructurations permanentes et logique purement comptable. Pour FO, l'hôpital public ne peut pas être piloté uniquement à travers des objectifs budgétaires alors que les personnels sont déjà épuisés et que les patients subissent des difficultés croissantes d'accès aux soins.
Fusionner les établissements sans répondre au manque criant de moyens humains et financiers ne réglera ni la crise des urgences, ni la pénurie de soignants, ni la souffrance au travail dans les hôpitaux.
FO continuera à défendre :
- un véritable service public hospitalier de proximité
- le maintien des activités et des emplois
- des recrutements massifs
- des financements à la hauteur des besoins de la population.
Parce que l'hôpital public doit rester un service humain, accessible et proche de tous, et non devenir une simple variable d'ajustement comptable.

